J’étais plutôt curieuse de ce que pouvait être ce concept d’Ecole des Dolls et en même temps j’avais beaucoup d’appréhension sur le bondage car on l’associe au SM et j’avoue ne rien y connaître.
Je m’étais dit “au pire, je m’éclipse discrètement… “.
En arrivant je retrouve des amies, nous trinquons au kir à la rose et violette (je note l’idée pour mes prochains cocktails!), l’ambiance est détendue et je me glisse dans l’atmosphère.
Wendy, belle blonde tatouée, nous annonce le début de l’atelier. C’est elle qui nous installe et introduit le show, elle est également notre traductrice pour faire le lien avec Miss Daisy.
Louise de Ville entre en scène…. légère et pétillante dans sa robe 50’s, elle joue la timide. Miss Daisy la séduit. Elle l’approche en douceur, sort ces liens et commence son laçage.
Les liens sont posés délicatement, ils glissent lentement sur le corps de Louise. Le dessin des cordes évolue à chaque liaison, elles forment un jolie corsage. Louise n’est pas comprimées, elle respire de plaisir. J’ai déjà oublié mes appréhensions SM, je ne vois que du plaisir. Le corps est magnifiquement mis en valeur par les liens rouge et noire soyeux.
Après plusieurs attaches, Wendy nous propose de poser toutes nos questions à Miss Daisy. Elle nous raconte qu’elle même a été initiée aux USA par une femme. Louise nous raconte les sensations qu’elle éprouve pendant le bandage. Il y a une très grande confiance entre les deux filles. Miss Daisy nous rappelle toutes les règles de sécurité. Il est hors de question de blesser qui que ce soit, il faut donc s’assurer de l’équilibre et le confort de sa partenaire. Chaque lien est suffisamment lâche pour permettre de bouger sans pour autant se libérer, le sang circule librement, le lien doit être doux.
Nous touchons les cordes, elles sont souples et soyeuses.
Miss Daisy nous remontre un des nœuds qu’elle a fait : une sorte de menotte. Elle refait le geste en nous l’expliquant puis invite une participante à essayer de le faire. Nous sommes toutes très attentives, je lie sur les visages que chacune essaie de mémoriser le nœud “au milieu, 3 tours à droite, 3 tours à gauche, passer au-dessus du premier, glisser sous les autres, laisser 2 doigts pour ne pas trop serrer… oui, vu comme ça on se croirait en cours de tricot, ça me rappelle aussi beaucoup mes cours de nœuds marins ! Sur le moment il n’y a plus rien d’érotique, on est dans le côté technique du bondage, on s’applique… L’astuce nous dit Miss Daisy : bander les yeux de votre partenaire, elle ne vous verra pas faire des grimaces quand vous rater votre nœud, car il faut beaucoup de pratique avant de réussir du premier coup.
Daisy cherche un nouveau cobaye pour expliquer comment monter un corsaie sur votre partenaire. C’est l’occasion, je me lance.
Et non, personne ne m’a demandé de me déshabiller ! Je coupe court au préjugé de ceux qui croient qu’on est obligé de se déshabiller pour apprendre un art érotique !
Miss Daisy glisse sa corde sur mes épaules, fait retomber les liens sur ma poitrine et forme un nœud léger juste en dessous. Elle en fait un autre et encore un autre, lentement, sans jamais serrer. Elle glisse les liens entre mes jambes et les remonte sur mes fesses, les re glisse dans un des nœuds de devant. Je me sens maintenue, je prend doucement conscience de mon corps, de mon volume, de mes formes. C’est doux. Elle continue de relier chaque nœud à un autre. Je sens que chaque légère pression joue sur l’ensemble de mon corps, tout est lié. En tirant d’un côté, tout le laçage glisse sur mon corps. Je crois que le plaisir commence à se lire sur mon visage. En tout cas les spectatrices ont l’air de m’envier. La lenteur des gestes crée un agréable suspense. Miss Daisy explique chaque étape du nouage. Je n’écoute plus vraiment ce qu’elle dit, juste ce que je ressens. Je me souviens juste de la douce pression de chaque passage du lien.
Je me sens en sécurité ainsi galbée, ce harnais pourrai me suspendre. J’aimerai essayer ce harnais suspendue d’ailleurs.
Le dénouage est tout aussi agréable. Ça doit être magique sur la peau nue…
On a continuer à s’entrainer sur d’autre nœud de bondage. Chacune se faisait moins timides au fur et à mesure.
Pour ma part cette expérience est un vrai succès. J’ai été agréablement surprise. Je n’avais jamais ressentie mon corps de cette manière “tire à droite, je me sens caressée à gauche et légèrement maintenue, comme un calin”.
J’ai hâte d’être à la prochaine séance. Et je court m’entrainer aux noeuds marins.